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07.11.18

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« Le partage des données doit être au service d’un partenariat existant »

Pour mieux être identifiée par les jeunes de son territoire, la Mission Locale de la Thiérache (02) a renforcé ses partenariats par l’échange de données informatiques. Agences d’intérim, Centre de formation des apprentis ou encore services déconcentrés de l’Etat, l’essentiel réside dans l’utilisation qui est faite de ses informations, « qui doivent être au service des jeunes et de l’accompagnement qui leur est proposé », explique Marie-Danielle Saintes, directrice de la Mission Locale.

Qu’est-ce que qui vous a amené à explorer de nouvelles modalités de partage des informations sur les jeunes avec des partenaires de la Mission Locale ?

La Mission Locale est bien identifiée par les jeunes du territoire : 90% d'entre eux sont en contact avec la structure et le bouche à oreille fonctionne très bien. Toutefois, depuis 2015, à l’image de ce que peuvent rencontrer les autres Missions Locales de la région, nous constatons une baisse du nombre de jeunes nouvellement accueillis liée, pour majeure partie, à la baisse du nombre de jeunes orientés vers la Mission Locale par Pôle Emploi.

Par ailleurs, 37% des jeunes que nous accueillons pour la première fois sont orientés par un tiers, ce qui signifie qu’en fonction de leurs projets et de leurs besoins, des jeunes vont d’abord se tourner vers une agence d’intérim, un centre de formation, une association du territoire. Il nous a donc semblé pertinent de partir de ces partenariats existants pour optimiser le partage d’informations pour les publics avec lesquels nous sommes en contact.

L’objectif premier est de nous assurer que tous les jeunes accèdent bien à l’information sur les services de la Mission Locale pour garantir leur accès aux droits.

A titre d’exemple, pouvez-vous illustrer comment s’effectue cet échange d’informations avec les agences d’intérim ?

Tous les mois, Adecco nous transmet la liste des jeunes nouvellement inscrits dans leurs agences. Cette liste comprend les noms et prénoms des jeunes, leurs coordonnées postales et les dates auxquelles ils ont effectué une mission intérimaire. Nous croisons ces informations avec les données enregistrées dans I-Milo pour identifier quels sont les jeunes qui ne sont pas inscrits à la Mission Locale. Je renvoie cette information à Adecco, qui convie par sms les jeunes non-inscrits à un temps d’information collective à la Mission Locale.

Comment est organisé ce temps d’information ?

Les jeunes qui sont informés par Adecco de la tenue de la réunion sont libres d’y assister ou non. Ils doivent simplement l'indiquer à Adecco. C’est très important d'insister sur ce caractère non obligatoire. La réunion est organisée dans nos locaux, en présence d’Adecco. Nous adaptons la présentation de nos services à ce qui peut concerner ces jeunes aujourd'hui ou dans le futur.

A l’issue de la réunion, nous proposons à ceux qui le souhaitent de s’inscrire à la Mission Locale, en complétant leurs coordonnées. Certains jeunes souhaitent avoir un rendez-vous rapidement, pour d’autres nous ne les reverrons peut-être que plus tard, car ils n’ont pas de besoin spécifique aujourd'hui. Néanmoins ils savent que la Mission Locale existe.

Combien de jeunes sont concernés tous les mois ?

Le mois dernier, Adecco nous avait transmis une liste de 150 jeunes ; Après croisement avec la base de donnés I-Milo, 50 n’étaient pas encore connus de la Mission Locale.

Quels sont les autres publics pour lesquels la Mission Locale a renforcé le partage d'informations ?

Nous souhaitions nous rapprocher des jeunes qui effectuent une mission de Service Civique car nous savons que certains d'entre eux n’ont pas connaissance des services qu’ils peuvent trouver à la Mission Locale. En accord avec la DDCS et après avoir formalisé ces éléments par une convention, celle-ci nous transmet régulièrement un fichier comportant les cordonnées des jeunes du département qui ont signé un contrat d’engagement.

Comme nous le faisons avec Adecco, nous croisons ce fichier avec la base de données des jeunes dans I-Milo pour vérifier quels sont les jeunes qui n’ont pas encore été en contact avec la Mission Locale. Et c’est lors de la formation civique et citoyenne, à laquelle la Mission Locale participe, que nous proposons aux jeunes qui n’étaient pas encore inscrits à la Mission Locale de le faire.

Le type de public a-t-il un impact sur les modes de recueil et de partage d'informations ?

Oui, effectivement, cela dépend de la situation des jeunes. Parfois une intervention directe auprès des jeunes est plus adaptée. A titre d'exemple, tous les ans, au mois d’octobre ou novembre, nous intervenons dans les CFA partenaires auprès des jeunes en 1ère année d'apprentissage pour leur présenter la Mission Locale et son offre de service et permettre, à ceux qui le souhaitent, d'obtenir un rendez-vous.

Nous savons en effet que les jeunes qui démarrent un contrat d’apprentissage ou une formation en alternance peuvent être contraints d’abandonner celle-ci après quelques semaines, parce qu’ils rencontrent des difficultés pour se loger ou se déplacer sur le territoire. Or, la Mission Locale peut intervenir pour maintenir les jeunes en emploi et prévenir les ruptures. Nous proposons des aides à la mobilité, le prêt d'un véhicule en cas de besoin, nous pouvons aussi réaliser une médiation avec l'employeur ou accompagner les jeunes dans leurs démarches pour accéder à un logement.

Ainsi à travers ce premier contact au sein de leur établissement, les jeunes savent qu'ils peuvent solliciter la Mission Locale à tout moment.

Le partage des données entre acteurs est une question sensible, quels sont les points de vigilance qu’il vous semble important de souligner ?

L’exemple de notre intervention auprès des jeunes en mission de Service Civique montre bien que, seul, le partage de données n’apporte rien. Celui-ci vient souvent prolonger une action de partenariat. Nous ne ferions rien de la liste transmise par la DDCS si la Mission Locale n’était pas directement impliquée dans l’animation de la formation civique et citoyenne.

Cela rejoint un second point de vigilance : l’utilisation qui est faite des données entre les partenaires doit être encadrée et la collecte et la transmission d’informations doit se faire en toute transparence vis-à-vis des jeunes.

Pour en savoir plus :

Le règlement général sur la protection des données (RGPD), qui est entré en application le 25 mai 2018, impose une information concise, transparente, compréhensible et aisément accessible des personnes concernées par un traitement de données. Ainsi, la transparence doit permettre aux jeunes: de connaître la raison de la collecte des différentes données les concernant (1) ; de comprendre le traitement qui sera fait de leurs données (2) ; d’assurer la maîtrise de leurs données, en facilitant l’exercice de leurs droits (3).

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site de l'UNML, dans l’espace adhérent ou le site de la CNIL

L’initiative de la Mission Locale de la Thiérache a été récompensée dans le cadre du projet régional "laisse pas traîner ton futur !" piloté par l’association régionale des élus pour la formation, l’insertion et l’emploi (AREFIE) et auxquelles ont pris part les Missions Locale de la région Hauts-de-France.

Découvrir l’initiative de la Mission Locale de Roubaix-Lys-Lez-Lannoy qui a mis en place un formulaire d’inscription en ligne à la Mission Locale


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