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23.11.18

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Accompagner les jeunes dits « perdus de vue » vers le droit commun

En 2014, la Mission Locale Sémaphore Mulhouse Sud Alsace (68) a répondu à un appel à projet régional pour proposer de nouvelles modalités d’accueil et d’accompagnement des publics qui ne viennent pas spontanément à la Mission Locale ou qui « décrochent » après un premier rendez-vous avec un conseiller. Après quatre années d’expérimentation, la « plateforme d’accroche des perdus de vue », a été intégrée de manière pérenne au projet et à l’action de la Mission Locale. Anne-Gaëlle Wurth, chargée de projet, présente cette démarche, qui concerne une centaine de jeunes par an.

Quels sont les constats à l’origine de la mise en place de la « plateforme d’accroche des perdus de vue » ?

Nous avions constaté que, pour certains publics désaffiliés, prendre rendez-vous à la Mission Locale ou s’y rendre pour la première fois était une étape difficile. Nous avons donc voulu repenser la manière d’accueillir ces jeunes et d’entrer en contact avec eux, en proposant des modalités qui permettent de faire un pas de côté par rapport aux attendus en termes de savoir-être et savoir-faire liés au monde professionnel.

En quoi consistent l’accueil et l’accompagnement proposés ?

Une équipe pluridisciplinaire compose la plateforme : une chargée de projet, deux éducateurs spécialisés ainsi qu’un jeune volontaire en Service Civique.

En partenariat étroit avec les acteurs du territoire, éducateurs, associations, foyers, nous organisons des permanences dans des lieux sans connotation institutionnelle, le plus souvent sous forme de petits déjeuners. Lors de ces temps d’échange, nous proposons aux jeunes de s’inscrire pour participer à des ateliers qui se déroulent la semaine suivante.

Une vingtaine d’ateliers sont proposés chaque semaine : préparation physique, Cirque, Photo, Graff’, cuisine, etc. Ils sont co-animés par un professionnel du secteur, en fonction de la thématique, et par un référent de la plateforme, ce qui permet d’assurer une continuité de l’accompagnement.

L’offre d’ateliers évolue toutes les semaines, en fonction des envies et des retours des participants.

La veille de chaque atelier, nous relançons les jeunes inscrits par sms, Snapchat ou encore Messenger, en fonction du moyen de communication qui leur convient le mieux.

Le rôle du jeune volontaire en Service Civique est d’accompagner les jeunes physiquement sur les lieux où se déroulent les ateliers. C’est un moyen de travailler avec eux sur la mobilité et de leur permettre de prendre confiance en eux.

En quoi l’approche proposée diffère-t-elle de l’accueil proposé à la Mission Locale ?

C’est une forme d’accueil qui fait partie intégrante de l’action et du projet de la Mission Locale.

Dans le cadre de la plateforme, nous veillons à proposer un accueil flexible et modulable selon les envies des jeunes. Il n’y a pas d’attente, on est dans un système d’entrées et sorties permanentes. L’objectif est que les jeunes puissent démarrer rapidement par une activité très concrète et pratique.

On s’inscrit systématiquement dans une posture « positive », basée sur le volontariat ce qui signifie par exemple qu’aucun motif d’exclusion n’existe dans le cadre des activités proposées par la plateforme.

On s’efforce également de privilégier des moyens de communication et d’échange avec les jeunes qui correspondent à leurs pratiques : sms, snapchat ou encore messenger.

Comment se fait le passage entre l’accueil et cette forme de mobilisation et l’accompagnement vers une insertion à dimension plus professionnelle ?

Les activités proposées sont d’abord centrées exclusivement sur les loisirs puis progressivement, nous allons leur proposer de participer à des activités à caractère plus professionnalisant telles que le maraîchage, la soudure, la menuiserie ou encore le graphisme. C’est ce qui va permettre d’identifier leurs appétences et centres d’intérêt et de travailler peu à peu sur leur insertion professionnelle.

Cependant, pour ne pas freiner l’envie des jeunes, qui pour certains souhaitent faire avancer leur projet professionnel, il est tout à fait possible pour un jeune de démarrer par un atelier professionnalisant et de revenir sur un atelier de loisir. On s’adapte vraiment à la demande du jeune.

Par ailleurs, tout au long du parcours au sein de la plateforme, nous mettons en place un livret, qui permet de capitaliser leurs expériences et les activités auxquelles ils ont participé et de mettre en avant les compétences qu’ils acquièrent pour leur redonner confiance en eux. C’est un moyen de constituer progressivement un CV.

Après quatre années d’existence, quels sont les principaux résultats ?

De plus en plus de jeunes fréquentent la plateforme : environ 80 jeunes par an sont concernés depuis le début de l’action en 2014 et cette année nous devrions dépasser les 100 jeunes. A la différence d’une partie des dispositifs déployés par la Mission Locale, nous ne sommes pas évalués sur l’entrée en emploi des jeunes. En revanche, nous sommes attentifs à la fréquentation de la plateforme, aux activités auxquelles participent les jeunes.

Plus précisément, quels sont les jeunes qui viennent à la Mission Locale au travers de cette plateforme ?

Une majorité du public que nous accueillons est âgée de 16 à 18 ans. Nous constatons que ce sont des jeunes qui ne viendraient pas spontanément à la Mission Locale par manque de confiance en eux ou parce que le cadre ne leur convient pas. Ce sont aussi les jeunes qui ont pris des rendez-vous mais qui ne se sont pas présentés, parfois à plusieurs reprises. Et enfin, ce sont ces jeunes que les professionnels de la Mission Locale et les partenaires vont informer de l’existence des ateliers de la plateforme plus facilement que de l’offre de service de la Mission Locale.

Depuis le mois de juin 2018, la Mission Locale intervient régulièrement en maison d’arrêt auprès de jeunes qui sont en fin de peine en leur présentant d’abord les ateliers et les intervenants de la plateforme. Cela permet qu’ils connaissent la Mission Locale et les ateliers de la plateforme et qu’ils soient plus à l’aise pour venir nous rencontrer à leur sortie.

Quel est le budget dédié à l’action de la plateforme ?

126000 euros par an dont près de 90000 euros dédiés aux ateliers.

La Mission Locale prend également en charge les titres de transports des jeunes pour qu’ils puissent se rendre aux ateliers et mobilise le fonds d’aide aux jeunes pour venir en soutien aux jeunes qui en ont besoin.

Pour en savoir plus :

Découvrez la page Facebook. Sur Snapchat, recherchez : Laplateforme68

Contacter la Mission Locale Sémaphore Mulhouse Sud Alsace.

Sur le forum Peps : consultez et téléchargez le dernier bilan de la "plateforme d’accroche des perdus de vue".


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