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22.09.16

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ML’Art, des jeunes « commissaires d’exposition » dans une galerie d’art

Initiée par la Mission Locale du Pays Salonais (13), en lien avec l’association les ateliers Agora, ML’Art est une action collective à dimension artistique. Chaque année, une dizaine de jeunes s’impliquent pendant six mois dans ce projet, à travers lequel ils découvrent l’art et la pratique artistique. Pour la plupart des jeunes, cette expérience est une impulsion dans la construction de la suite de leurs parcours. Stéphanie Ramon, conseillère et Shakira Shamtally, chargée de projet, accompagnent les jeunes dans cette action depuis son origine.

Quel est l’objectif de l’action ML Art ?

Shakira Shamtally : Il s’agit de remobiliser des jeunes en situation de rupture ou d’isolement à travers un projet collectif, d’une durée de six mois, centré sur la pratique artistique. La Mission Locale mène ce projet en partenariat étroit avec une galerie d’art, les Ateliers Agora, située à Eyguières, un village du Parc Naturel Régional des Alpilles en Provence.

Nous faisons le pari que l’art peut être un support pour que les jeunes échangent entre eux au sein d’un collectif, et se remettent en mouvement. Au fil de l’action, ils gagnent en confiance en eux et s’ouvrent sur le monde extérieur.

Quelles sont les étapes de ce projet ?

S. S : Dans un premier temps, un atelier de sensibilisation est organisé à la Mission Locale pour faire découvrir l’art et la pratique artistique aux jeunes du territoire et de leur donner envie de participer à l’action. Ce sont les conseillers qui proposent aux jeunes qu’ils accompagnent de participer à cet atelier animé en binôme par une artiste professionnelle et un volontaire en Service Civique engagé pour mener la mission de « médiateur de la culture pour tous ». Cet atelier est organisé dans un espace ouvert, de manière à ce qu’il soit visible par tous les jeunes qui viennent à la Mission Locale et afin que cela leur donne envie de participer à l’action.

A l’issue de cet atelier, s’ils ont envie de s’engager dans le projet, les jeunes peuvent participer à un deuxième temps d’échange et de pratique organisé aux ateliers Agora. C’est l’occasion de leur présenter le projet plus en détail.

Dès qu’un petit collectif de jeunes est constitué, ces derniers se retrouvent régulièrement aux ateliers Agora. Tels des commissaires d’exposition, l’objectif est de déterminer un thème d’exposition puis sélectionner des artistes professionnels ou amateurs qui viendront exposer leurs œuvres pendant 3 semaines dans la Galerie.

Pour ce faire, ils devront rechercher des ateliers d’artistes, visiter des galeries, des musées, découvrir des projets artistiques, organiser des rencontres pour découvrir ces lieux etc. Dans le même temps, ils se retrouvent de manière hebdomadaire dans un atelier de pratique artistique, encadrés par une professionnelle, pour développer la créativité des jeunes et la cohésion du groupe. Par ailleurs, chaque année un artiste professionnel est sollicité pour parrainer le projet.

L’action se clôture par un vernissage de l’exposition des artistes retenus par les jeunes. A cette occasion les jeunes présentent leurs réalisations.

Ensuite, pendant les trois semaines d’ouverture de l’exposition au grand public, les jeunes sont mobilisés pour présenter l’exposition qu’ils ont organisée auprès de différents publics qui se rendent à l’atelier. En effet, des partenaires de la Mission Locale comme des établissements scolaires ou des maisons de retraite sont accueillis par les jeunes pour leur présenter les œuvres.

Quel est le rôle du volontaire en Service Civique ?

Stéphanie Ramon : Au démarrage du projet, les grandes étapes sont claires, mais il n’y a pas de programme de visites prédéfini par exemple. C’est le collectif de jeunes qui détermine ce programme, en fonction de ses intérêts. L’expérience montre qu’il faut laisser l’espace aux jeunes pour qu’ils puissent agir par eux-mêmes tout en les accompagnant dans la direction qu’ils souhaitent.

Le volontaire en Service Civique est là pour faire émerger cette dynamique collective, faciliter les échanges entre les jeunes et pour qu’ils expriment leurs envies. En fonction des souhaits des jeunes, il va aller avec eux à la rencontre de structures artistiques. Il maintient aussi le lien avec les jeunes entre les temps de réunion et de rencontres en présentiel.

En parallèle de ces étapes, les jeunes tiennent un blog. Le volontaire les accompagne dans l’écriture et la prise de photos.

Qui sont les jeunes concernés par cette action ?

S.R : Chaque année, l’action mobilise une quinzaine de jeunes tout au long du projet en entrées – sorties permanentes. Mais via les réseaux sociaux et le blog animé pour le suivi de l’action, cette dernière touche un plus large public.

Il n’y a pas de critères en tant que tels pour participer à l’action, mais les conseillers encouragent particulièrement les jeunes qui sont isolés socialement et pour lesquels ils sentent que l’action peut être un levier pour se mobiliser et s’ouvrir aux autres. On observe un changement très fort dans les comportements des jeunes au cours de l’action, ils prennent confiance en eux et très souvent, à l’issue de l’action, ils ont une idée de ce qu’ils souhaitent entreprendre pour la suite de leur parcours.

On peut également noter que sur notre territoire, beaucoup de jeunes rencontrent des problèmes liés à la mobilité et l’on ne souhaitait pas que cela constitue un frein pour participer à l’action. D’autant plus que le partenaire de l’action, les Ateliers Agora, est localisé en milieu rural et qu’il faut de toute façon être véhiculé pour s’y rendre. Compte tenu de l’intensité des ateliers et rencontres qui ont lieu dans ce projet, nous mobilisons le minibus de la Mission Locale pour les amener jusqu’à Eyguières.

Comment l’action est-elle financée ?

S.S : Le Conseil départemental des Bouches du Rhône finance l’action depuis plusieurs années, dans le cadre du Fonds d’aide aux jeunes. L’action est reconnue auprès de nos partenaires et nous avons la chance que son financement soit renouvelé depuis 3 ans. La prochaine édition démarre d'ailleurs cet automne.

Pour en savoir plus :

L’équipe de ML Prod, la plateforme TV audiovisuelle de la Mission Locale du Pays Salonais a suivi le collectif de jeunes impliqué dans le projet ML’ART. Visionnez le film réalisé à cette occasion.


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