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21.04.16

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« A la Mission Locale, on peut parler des discriminations ! »

Claudie, participante à l’atelier qui s’est tenu le 17 mars 2016 à Vitrolles. Depuis une dizaine d’années, les Missions Locales de PACA portent un programme de formation régional sur le thème de la lutte contre les discriminations qui se décline en plusieurs volets : formation en direction des professionnels et des administrateurs de Missions Locales, formation en direction des employeurs, écoute et conseils juridiques auprès des jeunes qui ont connu des situations discriminatoires. Dans le cadre de la Garantie Jeunes, les professionnels de la Mission Locale Est-Étang de Berre animent un atelier participatif sur ce thème avec les jeunes. Julien Muratore et Corinne Dossetto, respectivement conseiller et chargée de projet, reviennent sur la manière dont ils animent ces ateliers et l’intérêt de cet espace d’expression pour les jeunes.

Légende : Les Missions Locales de PACA ont présenté leur action de formation "lutte contre les discriminations" lors de la Foire aux initiatives des Journées nationales des Missions Locales les 7 et 8 avril 2016 à Marseille.

Pourquoi avoir fait le choix de proposer ces ateliers sur le thème des discriminations ?

Corinne Dossetto : Parce que les jeunes le disent eux-mêmes, s’ils n’en parlent pas ici, où peuvent-ils parler de ces situations qu’ils ont vécues ? La Mission Locale est aussi faite pour leur permettre de s’exprimer sur ces sujets.

Julien Muratore : Ces ateliers sont un espace d’expression. Proposer ces échanges dans un cadre collectif permet aux jeunes de prendre conscience que lorsqu’ils vivent ou ont vécu une situation de discrimination, il ne s’agit pas d’un cas isolé.

Comment se déroule l’atelier participatif ?

Corinne Dossetto : Nous l’animons sur une demi-journée et en plusieurs temps : pour commencer, on propose aux jeunes qui le souhaitent de s’exprimer sur des situations qu’eux-mêmes ou un de leurs proches ont vécues comme discriminatoires. La parole est libre, chacun peut s’exprimer.

Souvent, l’interaction entre les jeunes se met en place très rapidement, ils posent des questions, réagissent sur ce qui les choque ou les surprend dans le récit des uns et des autres. En tant que professionnels, on est plutôt dans une position d’écoute.

Julien Muratore : Puis, dans un deuxième temps, on revient avec eux sur des notions comme celles de préjugé, stigmate et stéréotype ainsi sur les pratiques discriminatoires qui peuvent être punies par la loi, ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. Dans l’échange, on intègre souvent des notions d’histoire, de droit ou de littérature, à partir de notre connaissance acquise à travers la formation mais aussi de notre intérêt personnel pour ces questions.

Puis vient la séquence du photo-langage ?

Julien Muratore : En effet, on leur propose ensuite de choisir une image parmi un tas de photos et de dessins que nous avons imprimés en format A4. La seule consigne est qu’ils s’expriment librement sur ce que leur évoque l’image qu’ils ont choisie. Ils prennent la parole à tour de rôle.

Les illustrations sont diversifiées, on trouve une affiche de campagne de Barack Obama, une photo de l’équipe de France de football de 1998, une image extraite du film « Intouchables » avec François Cluzet et Omar Sy, ou encore la photo d’une personne maigre et de la même personne obèse.

Cette animation fonctionne très bien, cela permet aux jeunes d’exprimer leur point de vue sur les discriminations sans forcément évoquer leur situation personnelle.

Comment les ateliers sont-ils évalués ?

Corinne Dossetto : Nous avons mis en place une démarche d’évaluation qui s’appuie sur des questionnaires, approfondis par la suite lors d’entretiens avec les jeunes. Nous menons cette évaluation en continue, cela nous permet de constater les faiblesses, les manques, les points de vigilance comme les points forts de ces ateliers. Les questions portent sur le sens que les jeunes donnent à ces situations discriminatoires, sur leur impact, sur les hypothèses pour lutter contre la discrimination, puis sur l’expérimentation elle-même dans l’offre de service des Missions locales.

Quelles sont les suites que vous envisagez de donner à cette démarche portée au niveau régional ?

Corinne Dossetto : Notre souhait est d’essaimer, que de plus en plus de professionnels se forment sur ces questions et à ces méthodes d’animations participatives, afin que le public que nous accompagnons trouve une écoute auprès des professionnels et se sente à l’aise pour s’exprimer sur ces sujets.

On sent aussi que de plus en plus d’acteurs institutionnels et politiques s’intéressent à la démarche et nous sollicitent pour participer à ces ateliers, c’est une marque de reconnaissance de notre action.

Pour en savoir plus :

Lire la présentation complète de la démarche de formation portée par l’Association régionale des Missions Locales de PACA.

Lire la présentation de l’expérimentation dans le numéro 69 de la revue Agora Débats/Jeunesses de l'INJEP.

La Web radio des Sorgues a enregistré l’un des ateliers participatifs « Lutte contre les discriminations » animé à la Mission Locale Jeunes Alès – Pays Cévennes. Pour réécouter cet atelier, cliquez ici

Vous êtes intéressé par la démarche, contactez : Nathalie Robert, nrobert@ml-laciotat.asso.fr  ; Corinne Dossetto : mlcespeut@hotmail.com


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