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07.09.16

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« Paroles » : 17 jeunes réalisent un journal sur la liberté d'expression

Pendant trois mois, un collectif de jeunes a été accompagné par une maison d’édition partenaire de la Mission Locale Caux Vallée de Seine pour réaliser un journal de quatre pages sur le thème de la liberté d’expression. Les différentes étapes de ce projet, financé dans le cadre du fonds d’insertion professionnelle des jeunes (FIPJ), sont présentées par Erinna Hericher, 21 ans, qui fait partie du groupe de jeunes engagés dans ce projet.

Pourquoi avez-vous choisi de participer à la réalisation de ce journal ?

Une des conseillères a présenté le projet à l’ensemble du groupe accompagné en Garantie Jeunes. On savait que l’objectif était de réaliser un journal de quatre pages et que nous avions le choix entre plusieurs thèmes : laïcité, égalité, citoyenneté.

En tant que jeunes, on a rarement l’occasion de s’exprimer sur ces sujets et personnellement, je suis plutôt littéraire, donc ça m’a tout de suite intéressée. Au départ certains jeunes étaient réticents mais finalement tout le monde a accepté de participer à la réalisation, du début à la fin.

Quelles ont été les premières étapes ?

Christine Ternat, qui est directrice et rédactrice en chef de Globules, une maison d’édition associative, nous a accompagnés sur toute la durée du projet.

La plupart d’entre nous n’avaient jamais écrit ou participé à la réalisation d’un journal. Au début on était dans le vague et il a fallu que Christine nous guide.

Nous avons commencé par définir le thème, ce qui a amené beaucoup d’échanges et de débats. Finalement nous avons choisi la liberté d’expression car les attentats de janvier 2015 nous avaient beaucoup marqués et nous avions des choses à dire à ce sujet.

Ensuite on a défini les sous-rubriques du journal, en partant de nos échanges et de ce dont chacun avait envie de parler. Sont ressortis l’écriture, la chanson, les réseaux sociaux. On s’est par exemple rendu compte que plusieurs jeunes avaient déjà été agressés sur Internet, il nous semblait donc intéressant de creuser ce sujet.

Comment avez-vous construit le contenu de chaque sous-rubrique ?

On a travaillé en sous-groupes, en fonction des idées d’articles et d’interviews de chacun. Par exemple, certains souhaitaient aller interviewer un rappeur pour qu’il témoigne de sa passion et qu’il nous donne son point de vue sur la liberté d’expression.

Pour ma part, j’ai une amie qui est écrivaine et qui écrit sur des sujets qui sont souvent tabous. J’ai donc proposé qu’on la rencontre avec deux autres jeunes qui étaient aussi intéressés par ce thème.

Avant chaque interview, on a préparé les questions avec l’appui de Christine.

Pour la rédaction, cela a pris du temps. Chaque article a été rédigé par deux ou trois personnes, puis présenté à l’ensemble du groupe. Il a fallu reprendre plusieurs fois certains articles pour prendre en compte toutes les remarques.

A quelle fréquence vous êtes-vous réunis pour travailler sur le projet ?

Tous les mercredis après-midi, on se retrouvait à la Mission Locale avec une conseillère et Christine de Globules. On commençait par faire le point sur ce que l’on avait fait et les prochaines étapes, puis on se séparait en petits groupes pour avancer.

L’entente a-t-elle toujours été bonne au sein du groupe ?

Oui, vraiment ! Il y avait une solidarité entre nous et beaucoup de choses ont été décidées ensemble : le choix des couleurs du journal, le titre, qui a été revu jusqu’au dernier moment.

La photographie en couverture est aussi le fruit d’un vrai travail d’équipe ! C’est une adaptation de La Liberté guidant le peuple, le célèbre tableau d’Eugène Delacroix. Pour réaliser cette photo, il a fallu que certains parmi nous trouvent les costumes, que d’autres maquillent ceux qui ont posé…

Qu’est-ce qui explique qu’il y ait eu une vraie dynamique collective autour de ce projet ?

Je pense que la proposition est arrivée au bon moment : ça faisait trois semaines que l’on avait commencé le collectif Garantie Jeunes et on se connaissait suffisamment pour oser et avoir envie de faire quelque chose ensemble.

Cela a bien fonctionné aussi parce qu’il y a eu un équilibre entre le cadre que l’on nous a fixé d’une part et la liberté que l’on nous a laissée d’autre part pour choisir ce que l’on voulait dire et qui on souhaitait interviewer. Si on ne nous avait pas proposé de choisir entre deux thèmes prédéfinis, je pense que l’on n’aurait jamais réussi à se mettre d’accord parce que l’on a tous des centres d’intérêts différents.

Et chacun a trouvé sa place : ceux qui n’aimaient pas écrire ont pu s’exprimer autrement, à travers le dessin par exemple.

Que retenez-vous de cette expérience ?

On est plus soudés au sein du groupe, on se voit à l’extérieur de la Mission Locale aujourd’hui. J’ai aussi appris des choses très concrètes : qu’il existe une loi sur le harcèlement sur les réseaux sociaux, beaucoup d’entre nous ne savions pas que l’on pouvait être protégé.

Et puis j’ai appris à écrire de manière simple, pour que n’importe quelle personne qui se retrouve avec le journal en mains comprenne les textes. On est parti du principe que c’était un journal écrit par des jeunes pour des jeunes.

Ce projet, c’est quelque chose que l’on peut mentionner dans un CV, je n’y avais pas pensé au départ.

Où est-ce que le journal a-t-il été diffusé ?

Assez largement : auprès des autres jeunes de la Garantie Jeunes, dans les collèges et lycées, dans les organismes de formation, dans les associations partenaires de la Mission Locale, mais aussi auprès des communes, des Missions Locales, etc.

En lien avec le journal local « Le courrier cauchois », nous avons aussi organisé un événement pour présenter le numéro aux élus et partenaires.

Pour en savoir plus :

Consulter le journal sur le site de Globules

Pour recevoir un ou plusieurs exemplaires du journal en version papier, contactez la Mission Locale du Pays de Caux Vallée de Seine


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